Skip to article frontmatterSkip to article content
Site not loading correctly?

This may be due to an incorrect BASE_URL configuration. See the MyST Documentation for reference.

Qu’est-ce qu’une ville aquaresponsable?

Une ville aquaresponsable est une ville qui fait preuve, à long terme, d’une gestion saine et responsable dans le respect des principes de développement durable, notamment de l’ensemble des facteurs qui affectent le cycle de l’eau (GES, érosion, contamination, demande d’eau, etc.) et qui met en œuvre les mesures nécessaires à l’inévitable adaptation aux changements climatiques.

Vous avez probablement deviné que tous ces gestes citoyens permettent de protéger les sources d’eau potable :

  • Éviter l’utilisation des produits toxiques, par exemple les pesticides dans le jardin.

  • Ne pas jeter les médicaments dans les toilettes, mais plutôt les rapporter pour l’élimination en pharmacie.

  • Ne pas jeter de lingettes ou autres déchets dans les toilettes, mais y jeter uniquement ce qui PUE (papier, urine, excréments).

  • Réduire les surfaces imperméables sur son terrain pour minimiser le ruissellement des contaminants.

  • Réduire sa consommation d’eau pour éviter le gaspillage.

  • Éviter l’achat de produits contenant des PFAS et soutenir la réglementation dans l’industrie.

  • Boire l’eau du robinet plutôt que l’eau embouteillée.

Toutefois, les actions citoyennes doivent être couplées à des actions systémiques, collectives et gouvernementales pour un maximum d’impacts positifs.

Les changements climatiques font courir des risques aux infrastructures municipales. Les pluies torrentielles et les crues importantes causent de plus en plus d’inondations et de glissements de terrains. Au Québec, 20 % de la population est exposée aux inondations. Plusieurs municipalités ont développé une partie de leur territoire sous la protection de digues ou dans des zones inondables qui deviennent de plus en plus actives. Les villes doivent donc revisiter leur plan d’aménagement pour assurer la sécurité des citoyens et réduire les besoins d’interventions d’urgence, avec les coûts et les inconvénients qu’elles amènent. Pour une ville aquaresponsable, l’objectif est de ne pas construire ou reconstruire en zones inondables. Afin d’y parvenir, la sensibilisation, la mise à jour de la cartographie et la relocalisation des résidences à risque sont des stratégies à mettre en place. Les zones inondables sont de plus en plus dangereuses et non-assurables dû aux risques élevés : affaissement; moisissures et contaminations fongiques; fragilisation des fondations; fissures dans le sol ou dans les composantes structurales; mouvement ou affaissement des fondations. Une autre stratégie résiliente pour réduire le risque d’inondation et viser un rétablissement durable des collectivités est la gestion des eaux par les infrastructures vertes et naturelles Bureau d’assurance du Canada, 2024.

Ces stratégies et les actions associées contribuent à déployer des villes aquaresponsables.

  1. Compréhension de la ressource en eau :

  • reconnaître les rôles essentiels de l’eau;

  • considérer l’eau comme une ressource renouvelable, mais pas inépuisable et reconnaître les conditions qui l’affectent;

  • protéger les milieux hydriques qui abritent les espèces interagissant avec la ressource et qui en dépendent.

  1. Gestion durable de l’eau potable :

  • protéger les sources d’eau potable;

  • réduire la consommation et les pertes;

  • prévenir les conséquences des changements climatiques sur la dispersion des contaminants et sur la variation des débits.

  1. Traitement optimal des eaux usées :

  • gérer adéquatement les contaminants et les déchets afin d’éviter qu’ils polluent les eaux de surface et qu’ils dégradent l’environnement;

  • valoriser les eaux usées et ses ressources;

  • adopter une vision à long terme, s’inspirer des meilleures pratiques et aller au-delà de ce que les lois, règlements et normes actuels exigent.

  1. Intégration des eaux pluviales :

  • réduire le ruissellement en favorisant les surfaces perméables;

  • réutiliser les eaux pluviales;

  • intégrer l’eau dans les aménagements urbains, notamment par des infrastructures vertes.

  1. Adaptation des systèmes selon les usages :

  • favoriser des systèmes de traitement hybride des eaux usées qui offrent une plus grande flexibilité et adaptabilité en gestion des eaux urbaines;

  • combiner les infrastructures de traitement centralisé à des systèmes de traitement décentralisé alternatifs conçus à des échelles plus modestes, comme celles de quartiers, d’îlots ou même d’un immeuble;

  • substituer une portion de la demande en eau par des eaux pluviales ou usées traitées pour des usages non-potables.

  1. Résilience et multidisciplinarité :

  • encourager les changements de comportement améliorant la résilience face à la dépendance à l’eau et aux changements climatiques;

  • repenser l’aménagement des villes pour tenir compte des zones inondables;

  • intégrer des mesures en cas de défaillance;

  • tirer profit des connaissances de professionnels œuvrant dans plusieurs domaines d’expertise, notamment les sciences sociales, l’urbanisme, l’architecture, la biologie et l’ingénierie dans le but de soutenir l’analyse complète de projets pérennes.

  1. Acceptabilité sociale :

  • promouvoir l’engagement des diverses parties prenantes aux processus décisionnels;

  • intégrer l’intelligence citoyenne aux projets;

  • viser l’autonomisation des parties prenantes face aux projets.

Entrevue – Solutions aquaresponsables

Transcription

Définitions

Exercice 8

Loading...
Loading...

Cas d’étude : rue Saint-Maurice à Trois-Rivières

Le réaménagement de la rue Saint-Maurice est une mise en application exemplaire des stratégies durables menant à des villes aquaresponsables. Depuis 2017, la Ville de Trois-Rivières a métamorphosé la rue Saint-Maurice dans le secteur de Cap-de-la-Madeleine sur un tronçon de 1,3 kilomètre. Le projet a permis d’améliorer la sécurité des déplacements, de réduire l’effet d’îlot de chaleur, de gérer les eaux pluviales de façon optimale, d’augmenter la présence de végétaux, d’embellir le paysage ainsi que de favoriser le réapprovisionnement de la nappe phréatique en eau potable. Le tout s’est réalisé dans un souci d’acceptabilité sociale et en collaboration multidisciplinaire, notamment entre biologistes et ingénieurs pour le suivi des performances des infrastructures vertes.

L’urbanisation et les changements climatiques ont tendance à accentuer les débordements des réseaux d’égouts unitaires. Puisque le secteur du projet de la rue Saint-Maurice est majoritairement desservi par ce type de réseau d’égout, des cellules de biorétention végétalisées sont une stratégie se trouvant au cœur du nouvel aménagement. Elles contribuent à retenir les eaux pluviales, à filtrer certains polluants des eaux de ruissellement et rendent l’environnement plus agréable. Cette stratégie permet de protéger la qualité des sources d’eau potable et la santé des écosystèmes.

Ce projet inspirant, bien adapté au contexte climatique québécois, s’est vu mériter plusieurs prix et distinctions, dont le Prix Génie-Méritas de l’Association des ingénieurs municipaux du Québec. L’objectif, mais à la fois le défi, est d’implanter ce type de stratégies aquaresponsables partout dans les villes!

Cas d’étude : rue Saint-Maurice à Trois-Rivières

Transcription

Définitions

Des résultats chiffrés

La collaboration entre la Ville de Trois-Rivières, Polytechnique Montréal, l’Institut de recherche en biologie végétale de l’Université de Montréal et Ouranos a permis de faire un suivi scientifique du projet de la rue Saint-Maurice pour la réduction du ruissellement urbain et pour la protection des sources d’eau potable. Les résultats ont permis de conclure que les cellules de biorétention sont efficaces pour la rétention des débits d’eau et de traitement des polluants. Le substrat, les végétaux, les microorganismes et leur interaction en sont responsables. Les cellules de biorétention peuvent contribuer à réduire les débits de pointe observés dans les conduites d’égout pluvial de la ville de 74 %. Malgré une production d’azote (dû à la décomposition de matière organique par les microorganismes présents dans le sol), les cellules de biorétention présentent une performance intéressante du traitement de plusieurs polluants. Elles permettent une réduction de la concentration des métaux variant de 9 % à 95 % (selon les évènements météorologiques et la nature des polluants : 89 % pour le fer; 86 % pour le cuivre; 9 % pour le manganèse; 95 % pour le plomb; et 91 % pour le nickel) et de la concentration du phosphore variant de 48 % à 94 %. De plus, les cellules de biorétention montrent une efficacité atteignant 100 % pour l’enlèvement des coliformes fécaux Bouattour, 2021Dagenais et al., 2022.

References
  1. Bureau d’assurance du Canada. (2024). Inondations. https://bac-quebec.qc.ca/fr/enjeux-en-assurance-de-dommages/inondations/
  2. Bouattour, O. (2021). Caractérisation de l’impact de cellules de biorétention sur la qualité et la quantité des eaux pluviales à Trois-Rivières, Québec [Mémoire de maîtrise, Polytechnique Montréal]. https://publications.polymtl.ca/9184/
  3. Dagenais, D., Dorner, S., & Brisson, J. (2022). Performances des infrastructures vertes de gestion des eaux pluviales (IVGEP) pour la réduction du ruissellement urbain et pour la protection des sources d’eau potable en climat actuel et futur. Ouranos. https://www.ouranos.ca/sites/default/files/2022-07/proj-201419-ebati-dorner-rapportfinal.pdf