L’eau est un bien commun et doit être accessible pour toute la population mondiale. En particulier, l’accès à l’eau potable est un besoin vital et est reconnu comme un droit humain par les Nations Unies. Ce besoin n’est malheureusement pas comblé encore aujourd’hui pour plusieurs personnes dans le monde. Même dans les régions où l’eau est une ressource abondante, les changements climatiques mènent à des situations de pénurie et la conservation devient de plus en plus essentielle.
Sondage – Accès à l’eau potable et à l’assainissement¶
D’après vous, quel pourcentage de la population mondiale n’a pas accès à l’eau potable et aux services d’assainissement à son domicile?
10 % sans accès à l’eau potable et 20 % sans accès à l’assainissement
20 % sans accès à l’eau potable et 10 % sans accès à l’assainissement
25 % sans accès à l’eau potable et 50 % sans accès à l’assainissement
50 % sans accès à l’eau potable et 25 % sans accès à l’assainissement
La réponse au sondage sera identifiée et discutée ci-dessous dans la vidéo Entrevue - Accès à l’eau et changements climatiques.
Entrevue – Accès à l’eau et changements climatiques¶
Définitions¶
Exercice 1¶
Exercice 2¶
Associez aux stratégies pour améliorer le traitement de l’eau la bonne solution visée, soit une solution basée sur la robustesse de la chaîne de traitement ou une solution basée sur l’adaptation, par exemple avec l’adsorption.
Captation d’eau de l’atmosphère¶
Les pénuries d’eau touchent entre deux et trois milliards de personnes dans le monde. Ces conditions de stress hydrique risquent de s’aggraver au cours des décennies à venir UNESCO, 2023.
Les changements climatiques viennent accroître les fortes pluies de même que les pénuries d’eau avec les phénomènes météorologiques extrêmes. Dans le cas des pénuries, des régions atteignent des records de température, mais aussi cumulent les journées sans pluie. Cela se produit partout sur la planète, dont ici, au Canada : les sécheresses en Saskatchewan Radio-Canada Saskatchewan, 2021 et les canicules en Colombie-Britannique Périgny, 2021.
Certaines communautés, en particulier celles de nations autochtones au Canada, éprouvent des difficultés d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement des eaux usées. L’absence de systèmes pour la collecte des eaux usées contribue aux problèmes d’assainissement et à la contamination potentielle des prises d’eau. Puis, l’absence de réseaux de distribution d’eau potable ou la déficience des usines de production compliquent l’approvisionnement en eau potable. Les habitants doivent transporter des bidons pour aller chercher de l’eau potable, se laver avec de l’eau en bouteille, faire bouillir l’eau, etc. Josselin, 2021.
Comment donner l’accès à l’eau potable dans diverses régions du monde et communautés autochtones du Canada où il y a pénurie?¶
L’équipe de recherche du professeur Jason Robert Tavares travaille à offrir une réponse à ce problème crucial. Elle développe une solution à faible coût économique et énergétique pour capturer l’eau présente dans l’air. En effet, il y a de l’eau dans l’air. Évidemment, on ne la voit pas, car la vapeur d’eau est invisible. Par exemple, dans la pièce où vous vous trouvez, si la température y est agréable, il pourrait y avoir l’équivalent d’un verre d’eau qui flotte dans l’air. Plus l’air est chaud, plus il peut absorber d’humidité. La capacité de l’air à retenir l’eau augmente de 7 % pour chaque degré de réchauffement. Pensons maintenant à l’eau qui peut se retrouver dans l’atmosphère au-dessus d’un grand territoire : cela représente des millions de tonnes d’eau au-dessus de nos têtes Plaitano, 2022!
Il existe déjà des méthodes pour récolter l’eau de l’atmosphère, par exemple des filets passifs qui capturent l’eau du brouillard ou encore le refroidissement de l’air sous son point de rosée, principe qui rend efficaces les déshumidificateurs et climatiseurs. Cependant, cette équipe s’intéresse à une technologie extirpant l’eau présente dans l’humidité de l’air, qui est plus abondante que l’eau présente dans le brouillard. De plus, la solution passive étudiée est moins énergivore que les déshumidificateurs ou climatiseurs et elle pourrait être appliquée dans divers contextes, à petite ou à grande échelle. Elle utilise le principe de la capillarité.
La capillarité permet à l’eau d’être retenue dans un matériau poreux, soit un adsorbant. L’équipe de recherche développe alors un adsorbant appelé « éponge nanoporeuse », abrégée par NPS (nanoporous sponge) en anglais, pour capturer l’eau de l’air. Le NPS s’inspire d’adsorbants largement utilisés dans les produits de consommation, tels que les petits sachets de gel de silice qu’on peut retrouver dans les emballages alimentaires ou dans les boîtes à chaussures pour les garder au sec.
Recherche – Captation d’eau de l’atmosphère¶

Définitions¶
Protection des milieux hydriques¶
Les milieux hydriques, ces zones saturées d’eau ou inondées pour de longues périodes, jouent un rôle de première importance pour le réseau aquatique qui nous entoure et rendent de précieux services aux collectivités. Ils sont reconnus pour la richesse de leur flore et de leur faune et contribuent à la qualité de l’eau potable.
La bonne santé des milieux hydriques passe notamment par la préservation de leurs rives, littoraux et plaines inondables qui agissent comme zones tampon et barrières de protection. On appelle bande riveraine la bande de végétation naturelle et permanente qui borde un plan d’eau. Elle constitue une zone de transition entre les milieux aquatique et terrestre.
Pourquoi faut-il protéger les bandes riveraines?¶
Les bandes riveraines aménagées adéquatement contribuent à stabiliser les berges, à prévenir les inondations et à protéger les berges des vagues et grands vents. Le couvert végétal et les réseaux racinaires retiennent le sol et réduisent l’érosion. La partie aérienne des végétaux protège les rives contre les impacts des précipitations et atténue les forces érosives du ruissellement et du vent.
Les bandes riveraines assurent également la qualité de l’eau. Elles filtrent les polluants et retiennent les sédiments. En effet, elles ralentissent la vitesse d’écoulement de l’eau pluviale et de la fonte des neiges, favorisent l’infiltration et retiennent les matières fertilisantes, pesticides et particules de sol. Les sédiments et polluants emportés par l’eau de ruissellement sont responsables des problèmes d’envasement, d’algues bleues-vertes et d’eutrophisation des cours d’eau. Les bandes riveraines protègent donc les cours d’eau de la prolifération des plantes aquatiques et réduisent la turbidité. Les végétaux créent de l’ombrage, ce qui réduit le réchauffement de l’eau et prévient ainsi la perte d’oxygène. Plus les bandes riveraines seront larges, plus elles seront en mesure de jouer pleinement leurs rôles.
Enfin, elles sont essentielles pour protéger les écosystèmes. La construction d’habitations humaines et les activités forestières et agricoles conduisent souvent à détruire les habitats aquatiques et fauniques et à compromettre fortement la pérennité des espèces. Plus la variété des végétaux qui composent la bande riveraine sera grande et les bandes riveraines larges, plus la santé du milieu aquatique et la diversité écologique seront favorisées. En contribuant à la santé des sols, les bandes riveraines bien aménagées soutiennent plusieurs services écologiques essentiels, tels la pollinisation, le contrôle des ravageurs des cultures, etc.
Y a-t-il une loi pour la protection des bandes riveraines?¶
La législation québécoise protégeant et réglementant les bandes riveraines a grandement évolué au fil des dernières décennies. Voici un bref historique.
Les rives des cours d’eau ou des lacs qui ne sont pas navigables et flottables du Québec furent protégées à partir de 1888 par la réserve des trois chaînes qui attribuait à l’État provincial la propriété d’une bande riveraine d’environ 60 mètres. La réserve automatique d’une bande riveraine avait pour but de faciliter la pêche et de préserver l’environnement et les habitats fauniques. Aucun ouvrage de construction ne pouvait y être fait sans l’autorisation de l’État. La réserve des trois chaînes fut abolie en 1987 et la propriété de la bande riveraine fut transférée aux propriétaires riverains [choquette_2008]. Cette privatisation du domaine public fait en sorte que la majeure partie de la population du Québec n’a pas facilement accès aux berges et plans d’eau, car elle ne détient pas de propriété en bordure d’un lac ou d’un cours d’eau. Ceci est une problématique puisque, légalement l’eau est un bien commun à tous.
Aujourd’hui, d’après le régime transitoire de gestion des zones inondables, des rives et du littoral, la bande riveraine doit avoir une largeur entre 10 à 15 mètres minimum, selon la pente du terrain. Pour être efficace, la bande riveraine doit être composée d’herbacées, d’arbustes et d’arbres natifs du Québec. Ce régime provincial est régi par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP). Le règlement d’application concret est, quant à lui laissé, à la discrétion des municipalités régionales de comté (MRC). Le régime actuel ne règle pas les questions d’accès aux lacs et rivières pour ceux qui n’y ont pas de propriétés.
Comment mieux protéger les milieux hydriques?¶
Selon Louis-Gilles Francoeur, journaliste et auteur en environnement, il n’y a pas eu d’amélioration sensible de la situation depuis 1987. Transférer la responsabilité d’un bien public à une entité privée ne semble pas être la meilleure solution. Les problèmes se sont plutôt amplifiés et on remarque très peu d’uniformité entre les mesures exigées par les municipalités. Les bons exemples semblent être l’exception, pas la règle. Un meilleur encadrement réglementaire donnerait des directions claires aux municipalités tandis que la surveillance permettrait de vérifier l’efficacité des mesures et de s’adapter au besoin.
D’un point de vue législatif, il serait possible pour le ministère d’appliquer son pouvoir de réglementer afin d’encadrer davantage et d’uniformiser la règlementation portant sur la protection des bandes riveraines à travers les différentes municipalités. De plus, d’un point de vue suivi et surveillance, il serait favorable de mettre en place des inspections indépendantes pour le contrôle de la pollution des cours d’eau par le ministère. Du point de vue technique, les solutions ne manquent pas, il existe diverses stratégies d’aménagement pour protéger les milieux hydriques telles que la végétalisation et l’élargissement des bandes riveraines ainsi que l’installation de trappes à sédiments dans les fossés ou canaux.

Trappes à sédiments Ministère des Transports et de la Mobilité Durable (MTMD), n.d.
En résumé, voici des pistes de solutions pour favoriser la protection des milieux hydriques et l’accès aux cours d’eau :
Élargir les bandes riveraines;
Limiter le nombre de propriétés en bordure de lac;
Redonner à la population l’accès aux milieux hydriques;
Mettre en place un système de nettoyage des embarcations;
Installer des trappes à sédiments dans les fossés, notamment en milieu agricole;
Contrôler la pollution des cours d’eau par des inspections indépendantes du MELCCFP.

Bon et mauvais aménagement d’une bande riveraine Regroupement des organismes de bassins versants du Québec (ROBVQ), 2024
Exercice 3¶
Exercice 4¶
- UNESCO. (2023). Risque imminent d’une crise mondiale de l’eau (UNESCO/ONU-Eau). https://www.unesco.org/fr/articles/risque-imminent-dune-crise-mondiale-de-leau-unesco/onu-eau
- Radio-Canada Saskatchewan. (2021). La sécheresse qui sévit dans les Prairies pourrait être la pire qu’ait connue le pays. Radio-Canada. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1816690/secheresse-pire-histoire-canada-difficulte-agriculteurs
- Dioré de Périgny, C. (2021). 595 personnes sont mortes de la chaleur l’été dernier en C.-B. Radio-Canada. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1836351/canicule-ouest-dome-chaleur-extreme-record-morts-total-coroners
- Josselin, M.-L. (2021). Le traumatisme du manque d’eau potable. Radio-Canada. https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/1823260/eau-potable-autochtone-ebullition-promesse-neskantaga
- Plaitano, A. (2022). Rudolf Clausius : ce scientifique qui nous a permis de comprendre le climat. Polytechnique Insights. https://www.polytechnique-insights.com/tribunes/planete/rudolf-clausius-qui-est-ce-personnage-historique-cite-par-le-giec/
- Ministère des Transports et de la Mobilité Durable (MTMD). (n.d.). Bermes et trappes à sédiments. https://crelaurentides.org/wp-content/uploads/2021/06/5-14h30-15h30-Jean-Gagne.pdf
- Regroupement des organismes de bassins versants du Québec (ROBVQ). (2024). Guide d’aménagement et d’entretien durables des propriétés résidentielles. https://robvq.qc.ca/wp-content/uploads/2023/02/ROBVQ_Guide-amenagement-proprietes-residentielles_nov021_web.pdf