Réseau séparatif ou unitaire¶
Tel que vu à la section Réseau, dans la Ville de Montréal, la majorité du territoire est desservi en réseau d’égout unitaire.
Quels impacts ont les changements climatiques sur le réseau unitaire?¶
Le réseau d’égout unitaire est peu efficace face aux changements climatiques. En effet, les dérèglements climatiques modifient les événements hydrologiques et les précipitations sont de plus en plus fortes. Par conséquent, les réseaux unitaires risquent de multiplier les déversements d’eaux usées non traitées dans l’environnement.

Mais des stratégies existent!¶
Les mesures et ouvrages de gestion des eaux pluviales sont essentielles afin de réduire la quantité d’eau dans les réseaux d’égouts. Ceux-ci diminuent les surfaces imperméables et sont indispensables pour mitiger les impacts, notamment en milieu urbain et en réseau unitaire. Les stratégies peuvent prendre la forme de toits bleus, de jardins de pluie, de fossés drainants, de réservoirs de rétention, de l’évacuation de gouttières vers des zones perméables et plusieurs autres. De plus, les arbres jouent un rôle important dans la gestion des eaux pluviales, car ils peuvent retenir une certaine quantité de pluie.
En plus d’ajouter des mesures et ouvrages de gestion des eaux pluviales pour améliorer les réseaux d’égouts existants, le Québec construit maintenant les nouveaux réseaux en mode séparatif. Les eaux pluviales n’y sont pas mélangées avec les eaux usées, mais plutôt réacheminées au milieu naturel. Dans le cas des nouvelles villes construites entièrement ou majoritairement en réseau séparatif, les déversements sont limités. La qualité de l’eau des lacs et rivières est donc améliorée. Ceci est important, car ils agissent comme niches écologiques et comme source d’eau potable.
Quels sont les enjeux du remplacement du réseau unitaire en séparatif?¶
Les coûts d’épuration du réseau séparatif sont généralement moins importants que ceux du réseau unitaire. Par contre, les infrastructures supplémentaires pour la collecte des eaux pluviales du réseau d’égout séparatif engendrent un coût additionnel. De plus, la réduction du débit dans les canalisations du réseau séparatif peut provoquer un encrassement plus important des conduites.
De plus, il faut éviter et éliminer les raccordements inversés. Ces raccordements accidentels provoquent le déversement des eaux usées sanitaires soit dans le réseau d’égout pluvial, sur le sol, dans un fossé ou dans un cours d’eau plutôt que dans le réseau d’égout domestique ou unitaire. Des exemples possibles sont un mauvais branchement d’un drain de toiture ou de fondation d’un immeuble, une inversion des branchements des conduites d’eaux pluviales et sanitaires entre un immeuble et le réseau d’égout public ou encore un déversement d’eaux usées dans les fossés ou les regards pluviaux. Les raccordements inversés ont pour conséquence de contaminer les eaux pluviales et de surcharger le réseau sanitaire causant des débordements planifiés dans les cours d’eau. Cette situation représente une source de pollution importante. La qualité de l’eau étant primordiale au maintien de la biodiversité et de notre qualité de vie, ainsi que celle des générations futures, l’élimination des raccordements inversés est nécessaire. Il existe des méthodes pour identifier, répertorier et effectuer les travaux correctifs Lavoie, 2006.
Dans le contexte d’une problématique environnementale de débordements trop fréquents d’un réseau unitaire, deux stratégies principales peuvent être envisagées :
La première est la transformation en réseau d’égout pseudo-séparatif (avec le rejet des eaux pluviales non traitées au milieu récepteur).
La seconde est le maintien du réseau unitaire et l’ajout d’un réservoir de rétention d’eaux pluviales.
Selon l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), d’un point de vue environnemental et économique, la deuxième stratégie est presque toujours préférable. La pseudo-séparation devient plus avantageuse, d’un point de vue économique, seulement dans le cas où une très grande majorité des conduites en place, soit environ plus de 80 %, a besoin d’être remplacée en raison de leur détérioration structurale Duchesne et al., 2014. En effet, il est très cher, invasif et compliqué de changer un réseau d’égout unitaire en séparatif. Il faut notamment excaver presque toutes les rues et même les entrées privées si on veut le faire convenablement. La meilleure stratégie demeure donc d’entretenir le réseau, de construire des ouvrages de rétention des eaux pluviales idéalement végétalisés, d’inviter la population à modérer sa consommation, d’installer des toits verts, d’arroser avec les eaux de pluie, etc.
Exercice 7¶
Associez le bon type de réseau d’égout aux avantages et inconvénients décrits. Chaque choix ne peut servir qu’une seule fois.
Traitement centralisé ou décentralisé¶
Quels sont les enjeux et caractéristiques des traitements des eaux usées, allant du traitement centralisé au traitement décentralisé, aussi appelé assainissement autonome?
Quelles sont les stratégies pour faire une gestion durable des eaux usées?
Entrevue – Traitement centralisé ou décentralisé¶
Définitions¶
Exercice 8¶
Le traitement des eaux usées décentralisé, ou assainissement autonome, est une solution durable et efficace au contexte d’une faible densité de population par exemple pour les chalets et les résidences loin des centres urbains. Le traitement décentralisé présente différents avantages, notamment l’absence de réseau de collecte des eaux usées, mais également une plus grande flexibilité et résilience lorsque géré adéquatement. Les travaux de recherche de la professeure Dominique Claveau-Mallet permettent de mieux comprendre les enjeux de gestion, d’entretien et de contamination de l’assainissement autonome.
Entrevue – Enjeux du traitement décentralisé¶
En traitement décentralisé, l’eau usée domestique peut être infiltrée et traitée dans le sol selon différents systèmes. L’expérimentation présentée dans la vidéo suivante permet de simuler l’infiltration de l’eau usée par les systèmes d’infiltration gravitaire et par pompage.
Entrevue – Systèmes d’infiltration¶
- Lavoie, A. (2006). Guide méthodologique pour la recherche et l’élimination des raccordements inversés dans les réseaux de collecte d’eaux usées municipales [Techreport]. Ministère des Affaires municipales et des Régions (MAMR). https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/affaires-municipales/publications/infrastructures/plan_intervention_renouvellement/guide_methodologique_raccordements_inverses.pdf
- Duchesne, S., Cuzin, J.-D., Khedhaouira, D., & Costa de Almeida, D. (2014). Évaluation des avantages et inconvénients de la séparation des réseaux d’égout unitaires [Techreport]. INRS. https://espace.inrs.ca/id/eprint/2595/